UNE JOURNÉE À L’ÉCOLE

CONTE (RIEN QUE)  POUR LES OREILLES

UNE JOURNÉE À L’ÉCOLE

 Ateliers de création audionumérique dans le cadre du festival RVBn organisé par la ville de Bron

Artiste intervenant : Gilles Malatray – Les Oreilles Bruissonières Desartsonnants 

Christel Bitard : Intervenante musique

École Jules Ferry à Bron

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Le cadre du projet 

logorvbnAteliers menés dans le cadre du festival d’arts numériques RVBn, organisé en février 2013 par la ville de Bron.

Ces ateliers s’effectuent à l’école Jules Ferry de Bron, avec une classe de CM2.

Les enfants :

 Amine, Christopher, Coline, Diégo, Manel, Manon & Manon, Paul, Sathia, Swan & Swan, Younes, Alexandre, Alyson, Clément, Eric, Hui-Nui, Jérémy, Laurine, Lina, Matéo, Noé, Samy, Saoudade, Tom.
 

Objectifs

Sensibiliser à l’écoute, prendre en compte son environnement sonore au quotidien, construire et organiser de petites formes sonores et musicales via l’outil audionumérique.

Thématique

Raconter, uniquement par des sons, une journée à l’école, en utilisant différentes techniques de traitements et de montages sonores audionumériques.

Axes de travail

- Sensibilisation à l’espace sonore (balades sonores, écoutes d’extraits commentées, quelques explications sur le son, les effets acoustiques…)

- Captations, techniques d’enregistrements d’ambiances sonores, de productions musicales avec les enfants.

- Techniques et formes de montages audionumériques

- Réalisation d’un support audio, diffusion lors du festival RVBn, reportage multimédia autour du projet via in blog.

Démarche et contenu

Partir du cheminement domicile-école des enfants, trajet piétonnier de préférence, qu’écoutent-ils, ont-ils des repères, des souvenirs sonores ?

Ecoute commentée de petites formes sonores données en exemples.

La promenade-écoute comme un préambule, un outil pédagogie pour, appréhension du paysage sonore, un prétexte à enregistrer des sons, des ambiances…

- Travail sur le montage de pièces sonores et musicales, par le biais de l’écriture audionumérique, avec le logiciel libre Audacity. Approche des paramètres du son.

Comment agencer une petite histoire en partant de différents matériaux sonores et musicaux, enregistrés en extérieur ou en intérieur, ou produits par des instruments, voix, bruitages ?

- La base d’une matériauthèque d’échantillons et de matières sonores sera constituée de sons emblématiques rythmant la vie de l’école (craies sur tableau, claquements de classeurs, zips de trousses…), où illustrant des lieux et moments spécifiques (couloirs, classes, cour de récréation, cantine, salle de gymnastique…)

-  Sur les différentes formes et esthétiques peuvent être envisagées, ( histoires, fictions, reportages, formes mixtes…plus ou moins réalistes ou totalement imaginaires, commentés ou non, avec la possibilité d’une trame ou illustration musicale, l’adjonction de bruitages et autres sources sonores produites par les enfants…). l’idée de construire un conte sans paroles a été retenue. La vie scolaire sera retranscrite uniquement par des ambiances sonores et musicales.

Pour prolonger un travail musical ébauché en classe, des transitions pourront être réalisées en jouant rythmiquement avec certains sons.

On peut envisager que différents  groupes d’enfants travaillent sur une partie de la journée, ou un lieu, des sons spécifiques…

- Travail sur la forme, la composition et le rythme d’une séquence sonore. (montage/mixage, dynamique, enchaînements, effets, séquençage…) Illustration de différentes formes par de courtes pièces à écouter et à commenter en classe.

Rendus

Rendus sous la forme d’installation électroacoustique dans le cadre du festival RVBn, avec également la confection d’un support CD audio, et la possibilité de mettre en ligne des travaux sur un site internet (démarche, descriptions des ateliers, sons et images…)

Actions transversales

Croiser si possible, à certains moments et sur certains points, des réalisations avec d’autres interventions telles celles de FabLab (cartographie sonore, lutherie), ou d’autres interventions.  A définir.

Évaluation

En fin de projet, une évaluation sera effectuée en concertation avec le service culturel de Bron et les différents acteurs enseignants et intervenants impliqués.

Les personnes encadrant et intervenant dans le projet 

École Jules Ferry

Christophe Mathonier, enseignant titulaire de la classe

Romain Raoux, enseignant du temps de décharge de direction

Gilles Malatray, artiste formateur, spécialiste du paysage sonore

Mairie de Bron

Magali Garcia et Monique Reboul, service direction de la culture, mairie de Bron

Igor Deschamps, programmation artistique du festival RVBn

Christel Bitard, dumiste, intervenante musique

Avec le soutien du GMVL, Groupe des Musiques Vivantes de Lyon 

Contact :desartsonnants@gmail.com

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MISE EN ROUTE DU PROJET ET AUTRES EXPLICATIONS

MISE EN ROUTE DU PROJET

ET AUTRES EXPLICATIONS

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LE PROJET EXPLIQUÉ À LA CLASSE

Qu’allons nous faire dans le cadre du festival RVBn ?

Vocabulaire et définitions : Qu’est-ce qu’un paysage sonore, une promenade écoute, un montage audionumérique ?

Comment raconter une ou des histoires avec des sons, des bruits du quotidien, des ambiances de l’école, des séquences musicales ?

Identité sonore, quelles sont les sonorités propres à l’école (les lieux, les moments, les actions,les personnages, les objets…) ?

Comment écouter son environnement "à oreilles nues", avec des objets d’écoute ou "longue-ouïes "spécialement fabriquées pour mieux entendre les alentours ?

Comment penser et écrire une forme d’histoire avec un début, une fin, différentes parties, des sons qui font des transitions ou déclenchent d’autres sons… ?

DES EXEMPLES EN ÉCOUTE

Paysage sonore, "Ce que j’entends de ma fenêtre"

Histoire bizarre "c‘est l’histoire d’un square bizarre"

Montage autour de sons d’écoles en exemple "Ecoles d’ici et d’ailleurs"

 

DE CHEZ SOI À L’ÉCOLE – TRAJET EN ÉCOUTE

DE CHEZ SOI À L’ÉCOLE

TRAJET QUOTIDIEN EN ÉCOUTE – DIRE LES BRUITS

sur le chemin de l ecole

 Exercice à l’oreille

Pour se familiariser avec l’écoute de l’environnement, Christel, intervenante musique, a demandé aux enfants d’écouter ce qui se passe lors d’un trajet de chez eux à l’école, puis de le noter sur une fiche. Cette exercice est également prétexte pour commencer à reconnaître et à nommer des sources sonores, à les qualifier (moyens, près de moi, forts, aigus, continus, stridents, répétitifs…)

Écoutez un extrait des "bruits dits" par les enfants

 

PROMENADES ÉCOUTE AU BOIS DES ESSARTS

PROMENADES ÉCOUTE AU BOIS DES ESSARTS

ÉCOUTE À OREILLES NUES ET AVEC DES "LONGUES-OUÏES"

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Pour continuer à entraîner et à affiner notre écoute, nous partons, avec les enfants et Christel, écouter le bois des Essarts, une forêt aménagée de cheminements et d’aires de jeux, située juste en face de l’école. Un terrain tout trouvé pour partir à la chasse aux sons.

Nous ferons trois haltes pour écouter le parc, les deux premières à oreilles nues, la troisième équipée d’objets d(écoute..

Tout d’abord, installer le silence !

Chaque écoute statique durera environ trois à quatre minutes, durée optimum pour garder l’attention concentrée et avoir le temps de s’imprégner de l’ambiance du lieu.

Première halte à l’entrée du parc. La rue adjacente est encore bien présente, on entend également assez distinctement des voix d’enfants de maternelle en récréation dans la cour de l’école. On commente l’écoute. Qu’avons nous entendu? Pouvons nous nommer précisément les sources ? Où se situent les sons ? Quelles sont leurs puissance ? Quels sont ceux qui peuvent en masquer d’autres ? Comment certains bougent-ils ? Comment percevons nous les différents plans sonores ? Entendons nous la réverbération caractéristique de l’espace boisé, des bâtiments sur un côté, comme cet effet acoustique qui nous permet de sentir et presque de mesurer les volumes du lieu ?

Deuxième halte, au centre du parc. On se met en rond, regardant vers l’extérieur et on pratique une écoute yeux fermés.  L’ambiance est plus diffuse, le bruit de la circulation très amorti devient une rumeur au loin, un chantier sur la façade des bâtiments jouxtant le parc prend le devant de la scène sonore… Entend t-on différemment les yeux fermés ? Mieux pour la plupart, plus difficilement pour d’autres. On hésite sur certaines sources sonores (vélos ou poussettes ?). Quels indices peuvent nous aider à les préciser ?

Troisième halte, équipés de "longues-ouïe", différentes trompes monophoniques ou stéréophoniques terminées par un stéthoscope, un casque filtrant… Ces objets permettent de focaliser son écoute en visant un point précis, de grossir certaines sources (le bruit de ses pas sur différents matériaux, des voix, le bruissements de feuillages…). En même temps, il donnent à l’écoute une certaine coloration, parfois une ambiance plus feutrée, assez surréaliste. Ils sont utilisées en alternance avec l’écoute à oreilles nues, comme des objets proposant des modes et des jeux d’écoutes faisant office de catalyseur auriculaire.

IMAGES

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CAPTATIONS ET COLLECTIONS DE MATÉRIAUX SONORES

CAPTATIONS ET COLLECTIONS DE MATÉRIAUX SONORES

ENREGISTREMENTS DE TERRAIN

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Après avoir lister les ambiances et sources sonores caractéristiques à l’école Jules Ferry, magnétophone en main, nous partons à la cueillette de sons pour alimenter et construire notre histoire.

Tout d’abord, un petit topo sur les techniques et caractéristiques liées à l’enregistrement, pour expliquer les rudiments du fonctionnement des magnétophones numériques.

Trois groupes d’enfants partent à la chasse aux sons dans la proche périphérie del’école. Nous finiront la captation dans la cour de l’école-même.

Sons isolés, "mis en scène et reconstitués", ambiances naturelles, urbaines, prises de son statiques, en mouvement, chaque enfant devra se faire la main à l’enregistrement et participer ainsi à cette première collection-bibliothèque de sons.

De retour à l’école, on écoute les sons, on les commente (où, qui, comment, pourquoi…). On en juge les qualités et les défauts (trop faibles, trop courts, bruits de micros parasites, souffles et ronflements…). Ce jour là, il a fait grand vent, et on constate que les enregistrements en ont beaucoup souffert. Beaucoup sont inaudibles et purement inexploitables. Leçon n°1 : Le vent est l’un des pires ennemis du chasseur de sons, et il convient de bien ajuster les bonnettes de protection et de préférer des lieux suffisamment abrités. On choisit de garder les sons qui pourront être exploitables après un "nettoyage" de rigueur, et on les nomme pour les retrouver facilement.

Quelques prises de sons extérieures non retouchées

Écoutez une prise de sons avec beaucoup (trop) de vent. On ne la gardera pas…

Écoutez une prise de sons "Marche dans les bois".

Écoutez une prise de sons "Ping-Pong en salle de Gym".

Écoutez une prise de sons "Préau".

Écoutez une prise de sons "Sonnerie"

Des sons travaillés en classe avec Christel

Écoutez une prise de sons avec effet "Super, merci !".

Écoutez une prise de sons avec effet "Do-ré-mi-fa".

Les autres sons caractéristiques manquants pour illustrer de façon emblématique l’école (clés du gardien, sonnerie, voix, bruits de craies, de trousses, de classeurs, de la salle de sports, de la cantine…) seront enregistrés au fil du projet et des besoins.

UNE HISTOIRE SONORE EN CONSTRUCTION

UNE HISTOIRE SONORE EN CONSTRUCTION

APPROCHE DU MONTAGE AUDIONUMÉRIQUE ET DES FORMES D’ÉCRITURE SONORE

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Avant de commencer à construire notre histoire contant une journée à l’école, il a fallu choisir une première grande forme parmi deux proposées aux élèves.

Soit une narration chronologique, respectant les heures et activités rythmant la journée scolaire, soit une narration libre, où peuvent se télescoper de façon plus "folle" des sons de différentes sources, ambiances, moments… Après un choix démocratique par le biais d’un vote à main levée, la seconde forme a été retenue.

Rappel des consignes : Exploiter un ou deux sons différents, les monter "bout à bout", les mixer en les superposant, construire des  "phrases sonores" avec un début, une fin, des transitions…

Les enfants se répartissent par groupes de deux devant les ordinateurs de la salle informatique, avec à leur disposition une petite banque sonore commune, issue des enregistrements in situ. Le montage de l’histoire peut donc vraiment commencer.

Nous utiliserons le logiciel de montage audionumérique open source Audacity.

Nous contrôleront et assisterons, avec Christel, l’avancée des travaux, répondant au cas par cas à des problèmes techniques, des questions comment "faire ça", écoutant et conseillant les groupes dans la construction de leurs œuvres en chantier. Nous insisterons sur le fait d’écrire une histoire où l’oreille d’un auditeur ne connaissant pas le projet s’y retrouve, et qu’il ne s’agisse pas simplement d’une suite hasardeuse de sons déformés par trop d’effets empiriques.

ÉCOUTEZ un extrait de construction sonore en chantier 

Après deux séances de montage en groupes, nous changeons de procédé, en faisant une séance de composition collective. Un adulte guide l’atelier, il manipule le logiciel en montant les sons selon les propositions des enfants et explique en même temps, à l’aide d’un vidéo-projecteur, comment procéder pour avoir un rendu satisfaisant.

ÉCOUTEZ un extrait de construction sonore collective en chantier 

IMAGES

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NOTRE HISTOIRE CONTINUE À RACONTER L’ÉCOLE

NOTRE HISTOIRE CONTINUE DE S’ÉCRIRE, ET DE  RACONTER L’ÉCOLE

 Après avoir lancé le chantier d’écriture audionumérique, les groupes d’enfants ont travaillé sur des séries de trois sons, parfois librement choisis, parfois imposés, pour veiller à la diversité sonore.

L’axe pédagogique important abordé au cours de ces ateliers porte sur  la nécessité de raconter une histoire, de la concevoir avec un début, un milieu, une fin, des séquences qui s’enchaînent, des transitions qui fonctionnent, des sons qui en enclenchent d’autres, des sons qui clôturent…

Le danger de l’outil numérique est en, effet de se laisser déborder par le côté ludique, de jouer avec une suite d’effets certes spectaculaires, mais qui font perdre le fil de l’histoire.

Il faut commencer par agencer des sons ou des séquences avec l’idée d’une construction narrative, puis voir comment on peut jouer sur des fantaisies auditives, des transitions surprises, des détournements sonores, rythmiques…

Le chantier va néanmoins bon train, l’échéance finale s’approche à grands pas, et le défi sera certainement de recoller toutes les petites séquences concoctées par les enfants pour présenter une version finale au public du festival RVBn. Mais ça, c’est une autre histoire !

Ou plutôt la suite de notre histoire…

De nouvelles images de l’atelier audionumérique

Des enfants concentrés, dynamiques, explorateurs sonores !

Des adultes qui écoutent, commentent, conseillent, montrent, orientent, répondent à des problèmes techniques, et parfois ne savent plus où donner de l’oreille…

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